COMMENT PRÉVENIR ET TRAITER LES PLAINTES PHYSIQUES ?

Mal de dos, épaules tendues, poignets douloureux : les douleurs du dentiste ne sont pas une fatalité, mais bien une conséquence directe des postures adoptées au quotidien au fauteuil. Chirurgiens-dentistes et assistantes dentaires exercent un métier de précision qui impose des positions statiques prolongées, des gestes répétitifs et une concentration intense — un cocktail propice aux troubles musculo-squelettiques (TMS). Bonne nouvelle : ces douleurs peuvent être prévenues grâce à des exercices posturaux simples et un équipement ergonomique adapté. On fait le point sur les causes, les solutions concrètes et les bons gestes à intégrer dès aujourd'hui dans votre pratique.


Pourquoi les dentistes souffrent-ils de troubles musculo-squelettiques ?

Les postures contraignantes, la répétitivité des gestes, les contractions isométriques des épaules et une mauvaise position de travail constituent les principaux facteurs de risque de TMS chez les praticiens dentaires :

  • Une position assise prolongée, qui entraîne des tensions dans le bas et le haut du dos, au niveau des cervicales, ainsi que des problèmes circulatoires dans les membres inférieurs.

  • Les bras en extension et les coudes en flexion, provoquant des tensions au niveau des épaules, des cervicales et de la tête.

  • La fatigue visuelle, qui déclenche des tensions dans l'ensemble du rachis et du crâne.

  • L'hyperextension ou l'hyperflexion du poignet, source de tensions dans tout le membre supérieur.

  • Des facteurs aggravants : cette posture contrainte est maintenue de longues minutes, avec un niveau d'attention tel que le praticien — et souvent l'assistante — reste en apnée.

  • Le syndrome du canal carpien, causé par la compression du nerf médian au niveau du poignet, aggravée par les mouvements répétitifs.

Avec le temps, ces tensions s'accompagnent d'un cortège de symptômes : inflammations, dérangements fonctionnels viscéraux ou nerveux, qui peuvent devenir chroniques en l'absence de mesures de prévention et d'entretien régulier.


Un exercice postural à pratiquer chaque jour

Contrairement aux idées reçues, les troubles musculo-squelettiques apparaissent précocement dans la carrière des professionnels dentaires : il ne s'agit donc pas d'une fatalité liée à l'âge ou d'une pathologie dégénérative, mais bien d'un enjeu de prévention.

L'exercice ci-dessous permet de préparer et d'entretenir le corps. Il est idéalement pratiqué le matin, pour stimuler les chaînes musculaires qui soutiennent une bonne posture, et peut être répété dans la journée pour soulager les tensions accumulées. Pour une efficacité optimale, veillez à bien respecter les consignes de respiration : c'est elle qui active la composante relaxante du protocole.

  1. Position de départ : debout, redressé, pieds bien à plat. Sentez l'ancrage des talons ainsi que du premier et du cinquième orteil au sol.

  2. Ouverture : inspirez profondément en écartant les bras et les doigts.

  3. Rotation cervicale : tournez la tête et soufflez profondément en regardant le plus loin possible derrière vous, puis recommencez de l'autre côté (figure 1).

  4. Étirement du dos : pliez les genoux, basculez le bassin en arrière (délordose), puis arrondissez progressivement le dos en vous penchant en avant, en visant les genoux avec le front, tout en soufflant profondément. Arrêtez le mouvement dès la moindre sensation de douleur (figure 2).


Les solutions ergonomiques pour prévenir les douleurs musculaires

Pour réduire les principales contraintes physiques, trois leviers sont essentiels : une bonne installation, une posture corrigée et un matériel ergonomique adapté.

  • Pieds à plat au sol pour une bonne stabilité, corps légèrement penché en avant afin d'éviter de tendre les bras.

  • Hanches à plus de 110 degrés d'ouverture.

  • Coudes le long du corps pour protéger les épaules.

  • Un siège bien choisi : réglable en hauteur et en inclinaison avant. La selle de cheval, réglable en largeur, est une option intéressante car elle s'adapte à la morphologie de chaque utilisateur.

  • Un soutien pour le bras, afin de mettre l'épaule au repos — certains sièges sont équipés d'un accoudoir réglable à cet effet.

  • Des aides optiques et un éclairage optimisé pour limiter la fatigue visuelle.

  • Des gants adaptés pour prévenir l'apparition du syndrome du canal carpien.

Enfin, la position du patient ne doit pas être négligée : veillez à ce qu'il soit installé le plus confortablement possible, ce qui vous permettra d'ajuster votre propre position de travail de manière optimale.


Les douleurs du dentiste ne sont pas une conséquence inévitable du métier : elles résultent de postures et d'habitudes qu'il est possible de corriger. En combinant un exercice postural quotidien, une installation ergonomique repensée et une vigilance sur la position du patient, chirurgiens-dentistes et assistantes peuvent significativement réduire le risque de troubles musculo-squelettiques et préserver leur confort de travail sur le long terme. La prévention commence dès aujourd'hui, geste après geste.

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